Français
La jeune fille restait assise à le regarder sans dire un mot. Son visage était sans expression, et pourtant ses lèvres par moments tremblaient presque imperceptiblement. Ses yeux, si merveilleusement bleus à la lumière du jour, semblaient sombres et doux comme du velours, et la couleur de son cou s'avivait et pâlissait à chaque respiration. Elle paraissait plus petite et plus menue que lorsqu'il l'avait vue dans la rue, et il y avait désormais quelque chose d'almost enfantin dans la courbe de sa joue. Lorsqu'enfin il se retourna et croisa son propre reflet dans le miroir derrière lui, un frisson le traversa comme s'il avait vu une chose honteuse, et son esprit trouble et ses pensées troubles s'éclaircirent. Un instant leurs regards se rencontrèrent, puis le sien chercha le sol, ses lèvres se crispèrent, et la lutte intérieure qui l'agitait courba sa tête et tendit chaque nerf jusqu'à la rupture. Et maintenant, c'était fini, car la voix intérieure avait parlé.
Il écoutait, sourdement intéressé mais sachant déjà la fin, — en vérité, peu importait ; — la fin serait toujours la même pour lui ; — il comprenait maintenant — toujours la même pour lui, et il écoutait, sourdement intéressé, une voix qui grandissait en lui. Au bout d'un moment, il se leva, et elle se leva aussitôt, une petite main reposant sur la table. Peu après, il ouvrit la fenêtre, prit son chapeau, et la referma. Puis il s'approcha du rosier et toucha les fleurs de son visage. Une se dressait dans un verre d'eau sur la table, et machinalement la jeune fille la retira, la pressa contre ses lèvres et la posa sur la table à côté de lui. Il la prit sans un mot et, traversant la pièce, ouvrit la porte. Le palier était sombre et silencieux, mais la jeune fille souleva la lampe et, glissant devant lui, descendit l'escalier ciré jusqu'au vestibule. Puis, déverrouillant les verrous, elle tira le portillon de fer.
Il passa par là avec sa rose.