XXVII. Narrative Continued by the Doctor: The Jolly-boat’s Last Trip
Chapitre 17 : XXVII. Suite du récit par le docteur : Le dernier voyage de la yole
XXVII Suite du récit par le docteur : Le dernier voyage de la yole
Ce cinquième voyage fut tout à fait différent des précédents. D’abord, la petite yole dans laquelle nous étions était gravement surchargée. Cinq hommes faits, dont trois — Trelawney, Redruth et le capitaine — dépassaient les six pieds de haut, c’était déjà plus qu’elle n’était faite pour porter. Ajoutez à cela la poudre, le porc et les sacs de pain. Le plat-bord était affleuré par l’eau à l’arrière. À plusieurs reprises, nous avons embarqué un peu d’eau, et mes culottes et les basques de mon habit étaient tout trempés avant d’avoir fait cent yards.
Le capitaine nous fit équilibrer la barque, et nous parvînmes à la faire flotter un peu plus d’aplomb. Quoi qu’il en fût, nous n’osions pas respirer.
Ensuite, la marée descendante commençait — un fort courant ridé courait vers l’ouest à travers le bassin, puis vers le sud et la mer par le détroit par lequel nous étions entrés le matin. Même les rides étaient un danger pour notre embarcation surchargée, mais le pire était que nous étions emportés hors de notre route vraie et loin de notre débarquement propre, derrière la pointe. Si nous laissions le courant faire à sa guise, nous accosterions près des chaloupes, où les pirates pouvaient apparaître à tout moment.
— Je ne peux pas maintenir la proue vers la palissade, monsieur, dis-je au capitaine. C’était moi qui gouvernais, tandis que lui et Redruth, deux hommes frais, étaient aux avirons. La marée ne cesse de la pousser vers le bas. Pourriez-vous ramer un peu plus fort ?
— Pas sans faire chavirer la barque, dit-il. Vous devez la tenir, monsieur, je vous prie — la tenir jusqu’à ce que vous voyiez que vous gagnez du terrain.
J’essayai et trouvai par expérience que la marée continuait de nous balayer vers l’ouest, jusqu’à ce que j’aie mis la proue à l’est exact, soit à peu près à angle droit du chemin que nous devions suivre.
— Nous n’accosterons jamais ainsi, dis-je.
— Si c’est le seul cap que nous puissions tenir, monsieur, il faut bien le tenir, répondit le capitaine. Nous devons rester remontants. Voyez, monsieur, reprit-il, si une fois nous tombions sous le vent du débarquement, il serait malaisé de dire où nous accosterions, outre le risque d’être abordés par les chaloupes ; tandis que, par où nous allons, le courant doit faiblir, et alors nous pourrons revenir en louvoyant le long du rivage.
— Le courant est déjà moindre, monsieur, dit l’homme Gray, qui était assis à la proue ; vous pouvez la laisser un peu porter.
— Merci, mon ami, dis-je, tout comme si rien ne s’était passé, car nous avions tous tranquillement résolu de le traiter comme l’un des nôtres.
Soudain le capitaine prit encore la parole, et je crus que sa voix avait un peu changé.
— Le canon ! dit-il.
— J’y ai pensé, dis-je, car j’étais sûr qu’il songeait à un bombardement du fort. Ils ne pourraient jamais mettre le canon à terre, et s’ils le faisaient, ils ne pourraient jamais le traîner à travers les bois.
— Regardez à l’arrière, docteur, répliqua le capitaine.
Nous avions tout à fait oublié le long neuf ; et là, à notre horreur, les cinq coquins s’affairaient autour, ôtant sa jaquette, comme ils nommaient la forte bâche de coutil sous laquelle il naviguait. Non seulement cela, mais il me vint en même temps à l’esprit que les boulets et la poudre du canon étaient restés à bord, et qu’un coup de hache mettrait tout cela en la possession des méchants dehors.
— Israël était le canonnier de Flint, dit Gray d’une voix rauque.
À tout risque, nous mîmes la proue directement vers le débarquement. Dès lors, nous étions si loin du fil du courant que nous gardions notre gouverne même à notre rythme de rame nécessairement doux, et je pouvais maintenir la barque steady vers le but. Mais le pire était qu’avec le cap que je tenais alors, nous présentions notre travers au lieu de notre arrière à la HISPANIOLA, et offrions une cible large comme une porte de grange.
Je pouvais aussi bien entendre qu’apercevoir ce coquin à figure de brandy, Israël Hands, laisser tomber un boulet rond sur le pont.
— Qui est le meilleur tireur ? demanda le capitaine.
— M. Trelawney, de loin, dis-je.
— Monsieur Trelawney, voulez-vous bien m’abattre un de ces hommes, monsieur ? Hands, si possible, dit le capitaine.
Trelawney était froid comme l’acier. Il vérifia la amorce de son fusil.
— Maintenant, cria le capitaine, doucement avec ce fusil, monsieur, ou vous faites chavirer la barque. Tous aux postes pour équilibrer quand il visera.
L’écuyer leva son fusil, on cessa de ramer, et nous nous penchâmes de l’autre bord pour garder l’équilibre, et tout fut si bien combiné que nous n’embarquâmes pas une goutte.
Ils avaient, à cette heure, tourné le canon sur son affût à pivot, et Hands, qui était à la bouche avec la baguette, était par conséquent le plus exposé. Toutefois, nous n’eûmes pas de chance, car juste comme Trelawney tirait, il se baissa ; la balle siffla au-dessus de lui, et ce fut l’un des quatre autres qui tomba.
Le cri qu’il poussa fut repris non seulement par ses compagnons à bord, mais par un grand nombre de voix du rivage, et regardant de ce côté, je vis les autres pirates sortir en troupe des arbres et se jeter à leurs places dans les chaloupes.
— Voici les chaloupes, monsieur, dis-je.
— Alors, ramez ferme, cria le capitaine. Nous ne devons pas nous soucier de la faire chavirer maintenant. Si nous n’accostons pas, tout est perdu.
— Une seule chaloupe est équipée, monsieur, ajoutai-je ; l’équipage de l’autre va sans doute contourner par terre pour nous couper.
— Ils auront à courir chaud, monsieur, répondit le capitaine. Jack à terre, vous savez. Ce n’est pas d’eux que je me soucie ; c’est du boulet. Quilles de billard ! Une femme de chambre ne manquerait pas. Dites-nous, écuyer, quand vous voyez la mèche, et nous surseoirons.
Cependant nous avancions à bon train pour une barque si surchargée, et nous n’avions embarqué que peu d’eau en chemin. Nous étions maintenant tout près ; trente ou quarante coups d’aviron et nous l’échouerions, car la marée avait déjà découvert une étroite bande de sable sous les arbres touffus. La chaloupe n’était plus à craindre ; la petite pointe l’avait déjà cachée à nos yeux. La marée descendante, qui nous avait si cruellement retardés, réparait maintenant et retardait nos assaillants. La seule source de danger était le canon.
— Si j’osais, dit le capitaine, je m’arrêterais pour abattre un autre homme.
Mais il était clair qu’ils ne voulaient rien qui retardât leur coup. Ils n’avaient pas même regardé leur camarade tombé, bien qu’il ne fût pas mort, et je le vis qui essayait de ramper pour s’éloigner.
— Prêt ! cria l’écuyer.
— Surseoir ! cria le capitaine, prompt comme un écho.
Et lui et Redruth reculèrent d’un grand coup qui enfonça la poupe sous l’eau. Le rapport tomba au même instant. Ce fut le premier bruit que Jim entendit, le son du coup de l’écuyer ne l’ayant pas atteint. Par où passa la balle, nul de nous ne le sut précisément, mais je suppose qu’elle dut passer au-dessus de nos têtes et que le vent qu’elle fit put contribuer à notre désastre.
Quoi qu’il en fût, la barque coula par la poupe, tout doucement, dans trois pieds d’eau, laissant le capitaine et moi, face à face, debout. Les trois autres firent un plongeon complet, et reparurent trempés et soufflant.
Jusque-là, il n’y eut pas grand mal. Nulle vie perdue, et nous pouvions gagner le rivage à gué en sûreté. Mais toutes nos provisions étaient au fond, et pour aggraver les choses, seulement deux fusils sur cinq restaient en état de service. Le mien, je l’avais arraché de mes genoux et tenu au-dessus de ma tête, par une sorte d’instinct. Quant au capitaine, il l’avait porté sur l’épaule par une bandoulière, et comme un homme sage, la platine en haut. Les trois autres étaient descendus avec la barque.
Pour ajouter à notre souci, nous entendîmes des voix déjà proches de nous dans les bois le long du rivage, et nous avions non seulement le danger d’être coupés de la palissade dans notre état à demi estropié, mais la crainte devant nous de savoir si, si Hunter et Joyce étaient attaqués par une demi-douzaine, ils auraient le sens et la conduite de tenir ferme. Hunter était steady, cela nous le savions ; Joyce était un cas douteux — un homme agréable, poli pour un valet et pour brosser les habits, mais pas entièrement fait pour un homme de guerre.
Avec tout cela en l’esprit, nous gagnâmes le rivage à gué aussi vite que nous pûmes, laissant derrière nous la pauvre yole et une bonne moitié de toute notre poudre et de nos vivres.
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